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Empêcher dès maintenant une nouvelle crise de l’euro

gratte ciel 2016

PARIS – Depuis qu’en 2012 Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, s’est engagé à « tout faire pour préserver l’euro », les dirigeants européens n’on prêté qu’une attention distraite à l’avenir de la zone euro. Pendant plus de quatre ans, ils ont sous-traité la stabilité et l’intégrité de la monnaie unique aux banquiers centraux. Mais si la BCE a habilement rempli sa mission, cet arrangement confortable touche à sa fin. Aucune banque centrale ne peut en effet trancher des dilemmes politiques et constitutionnels. Les chefs d’État et de gouvernement européens feraient donc bien de remettre l’ouvrage sur le métier et de réfléchir à l’avenir de la zone euro plutôt que de laisser les circonstances décider pour eux.

Jusqu’à présent, les dirigeants européens ont montré peu d’intérêt pour une telle discussion. En juin 2015, ils se contentèrent d’accueillir poliment le rapport sur l’avenir de l’euro rédigé par les présidents des différentes institutions européennes. Quelques semaines plus tard, la question de l’avenir de l’euro s’invita brièvement dans les discussions à l’occasion de la longue nuit de juillet que les dirigeants de la zone passèrent à se demander s’ils devaient ou non en expulser la Grèce. Mais leur volonté affichée de poursuivre ces discussions et de traiter les problèmes sous-jacents à ce débat fit long feu. Enfin, l’idée de répondre au choc du Brexit par un renforcement de la zone euro furent promptement abandonnée, par crainte d’une réforme trop clivante. 

La question n’a pas disparu pour autant. Si les anesthésiants monétaires administrés par la BCE ont réduit les tensions sur les marchés, la nervosité les a repris à l’approche du référendum constitutionnel italien du 4 décembre. Fin novembre, les écarts de taux entre les obligations italiennes et allemandes à dix ans atteignaient les 200 points de base, un niveau jamais vu depuis 2014.

Les premières réactions à l’échec de Matteo Renzi n’ont pas amplifié les alarmes, mais des motifs d’inquiétude demeurent. La situation préoccupante de plusieurs banques italiennes inquiète. Le Brexit et l’élection aux États-Unis d’un président qui prône l’américanisme plutôt que le mondialisme et affiche une hostilité à l’Union européenne renforcent le risque de voir les électeurs, plus que les marchés, mettre en cause l’intégration monétaire européenne. Les partis politiques anti-euro ont progressé dans tous les grands pays de la zone euro à l’exception de l’Espagne. En Italie, ils apparaissent aujourd’hui majoritaires. 

Sur le front économique, la zone euro a encore du pain sur la planche. Lancée en juin 2012, pour rompre l’interdépendance des banques et des États, l’union bancaire a fait de réels progrès, mais reste inachevée. Si les écarts de compétitivité entre États membres de la zone euro ont diminué et si, au sein de celle-ci, les déséquilibres de la balance des paiements ont été réduits, c’est en grande partie grâce à la compression de la demande intérieure en Europe du Sud. Les flux d’épargne du Nord au Sud n’ont pas repris. Les écarts entre les taux de chômage demeurent importants.

La zone euro ne s’est pas non plus dotée d’un mécanisme budgétaire commun. L’Allemagne a sèchement rejeté la récente initiative de la Commission européenne visant à encourager une « orientation positive de la politique budgétaire » dans les pays qui pouvaient se permettre de relancer les dépenses. Ainsi, lorsque frappera la prochaine récession, la stabilisation budgétaire risque d’être une denrée rare.

Enfin, la plupart des gouvernements, sans parler des législateurs, semblent s’être perdus dans le dédale des procédures d’une gouvernance de la zone euro excessivement lourde et technocratique.

Les risques politiques et financiers, ou plus probablement leurs interactions, détermineront si cet équilibre insatisfaisant s’avèrera durable ou précaire. En tout cas, la question est aujourd’hui de savoir comment lancer un débat suffisamment fructueux pour définir les réponses possibles. L’obstacle est double : tout d’abord, l’élan vers « plus d’Europe » s’est brisé contre un mélange de scepticisme à l’égard de l’Europe et de réticences à envisager de nouveaux transferts de souveraineté. Deuxièmement, la lecture des raisons profondes de la crise de l’euro et de sa nature varie d’un pays à l’autre. Vu le peu de capital politique disponible pour des réponses européennes, les désaccords sur le fond du problème et sur les façons de le résoudre, l’excès de prudence des gouvernements ne saurait surprendre.

Mais ce double obstacle peut être surmonté. Tout d’abord, engager le débat sur l’avenir de la zone euro n’implique pas nécessairement d’aller vers une intégration plus poussée et plus profonde. L’objectif doit être de faire fonctionner la zone euro, ce peut qui signifier renforcer le pouvoir central dans certains domaines, mais aussi le cantonner dans d’autres. La notion de responsabilité budgétaire, par exemple, ne doit pas se réduire à l’application centralisée d’un régime commun. Il est possible de concevoir un cadre d’action plus décentralisé, qui donne à des institutions nationales le pouvoir de surveiller et de s’assurer de la viabilité de la politique budgétaire.

De fait, certains pas dans cette direction ont déjà été faits. Pour aller plus loin, il faudrait rendre les gouvernements individuellement responsables de leurs écarts de conduite – en d’autres termes permettre des restructurations partielles de la dette au sein de la zone euro. Une telle approche soulève des difficultés non négligeables, ne serait-ce que parce que la transition vers ce genre de fonctionnement est un voyage périlleux. Mais des propositions de ce type doivent être intégrées au débat.

Pour surmonter le second obstacle, le débat, précisément, ne doit pas partir de la question de la résolution des problèmes hérités du passé. La distribution de la charge entre créditeurs et débiteurs est un jeu à somme nulle, qui provoque inévitablement des conflits. Ainsi que l’histoire des relations financières internationales l’a montré, les discussions de ce genre sont toujours remises à plus tard et, une fois engagées, elles sont nécessairement conflictuelles. Il ne faut pas chercher à les résoudre d’emblée. L’option a priori réaliste qui consiste à commencer par les problèmes immédiats avant de s’attaquer aux difficultés à long terme n’est séduisante qu’en apparence. En réalité, les débats devraient d’abord se porter sur les modalités d’un régime permanent conçu pour durer. Les participants devraient explorer les options logiques et cohérentes qui s’offrent à eux jusqu’à ce qu’ils puissent se mettre d’accord sur une feuille de route. Ce n’est qu’une fois parvenus à un tel accord qu’ils devraient aborder les voies possibles vers sa réalisation.

Il n’y a pas de solution immédiate aux problèmes de la zone euro. Mais une chose est claire : l’absence de véritable débat sur son avenir est un sérieux motif d’inquiétude. Le silence n’est pas toujours d’or. Pour le bien de l’Europe, celui qui entoure la monnaie unique doit être brisé aussi vite que possible.

1er décembre, 2016

Article de Jean Pisani-Ferry, professeur à l’Ecole de Gouvernance Hertie, à Berlin, membre de la Commission France Stratégie, une institution de conseils politiques à Paris.

138 économistes veulent sortir l'UE de "l'impasse néolibérale"

 

138 économistes proposent un plan de relance de 40 milliards d'euros par an pour "rompre avec une politique économique qui fait le terreau de l'extrême droite" en Europe.

SOURCE AFP

Publié le 10/11/2016 à 17:41 | Le Point.fr

Ils réitèrent leur appel. Cent trente-huit économistes français de sensibilités diverses appellent l'Europe à sortir au plus vite de « l'impasse néolibérale » pour rompre avec une politique économique qui « fait le terreau de l'extrême droite », dans un livre qui paraît au lendemain de la victoire de Donald Trump. Les 138 économistes, qui avaient lancé un appel en février après « le précédent traumatisme des régionales », marquées par une forte hausse du Front national, reviennent à la charge avec le livre Sortir de l'impasse (éd. Les Liens qui libèrent) pour « éviter la catastrophe », a expliqué à l'Agence France-Presse Christophe Ramaux, professeur à la Sorbonne et signataire de l'appel, aux côtés d'autres économistes comme Michel Aglietta, Xavier Timbeau ou Mathieu Plane.

Quelle analyse faites-vous de la victoire de Donald Trump aux États-Unis ?

À l'instar du Brexit hier, le peuple n'en peut plus de ce régime de mondialisation néolibérale. Il a accru les inégalités, désindustrialisé des pays et comprimé les salaires. Ce peuple crie avec des formes que l'on peut regretter, certes, mais ce cri est légitime. Nous avons un régime néolibéral qui s'est installé il y a plus de 40 ans. Le libre-échange a comprimé la demande et le néolibéralisme l'a soutenue par l'endettement privé. On a dit aux ménages de continuer de dépenser non pas grâce à des hausses de salaire, mais par l'endettement. Ce château de cartes de dette privée a explosé en 2008, la plus grande crise depuis les années 30.

On s'attendait donc à ce qu'il y ait un changement comme le New Deal dans les années 30. Mais si le néolibéralisme ne fonctionne plus aujourd'hui, il n'a pas été fondamentalement remis en cause. Il a été écorné. Par exemple, Donald Trump et Hillary Clinton se sont prononcés tous les deux pour la hausse du salaire minimum.

Ce qui s'est passé aux États-Unis avec Donald Trump peut-il se reproduire en Europe ?

Bien sûr, les peuples n'en peuvent plus du néolibéralisme et des inégalités. Ce système plombe la croissance, donc cela crée du chômage. Les politiques économiques mises en œuvre en Europe nous mènent à la catastrophe. Non seulement le monde néolibéral est malade, mais l'Europe est singulièrement malade dans ce monde-là. L'Union européenne est un boulet aujourd'hui pour l'économie mondiale.

Après la crise de 2008, elle a fait une petite parenthèse keynésienne qu'elle a rapidement refermée en 2010 pour prendre un nouveau tournant néolibéral avec l'austérité budgétaire et salariale. L'Europe est la zone qui a le moins tiré les leçons de la faillite du modèle néolibéral en 2008. Elle doit sortir de cette impasse néolibérale.

Quelles solutions préconisez-vous pour l'Europe ?

 

Nous proposons un plan de relance de 40 milliards d'euros par an, un nouveau pacte productif et une remise à plat de la construction européenne et de l'euro. L'Europe et l'euro tels qu'ils fonctionnent, ce n'est plus viable. Nous sommes dans une impasse qui nécessite de changer les lignes. La stratégie européenne a été de lâcher du lest, notamment pour la politique monétaire, mais en maintenant le noyau dur néolibéral. Le pire des dangers est de ne rien changer, de ne pas changer les politiques qui font le terreau de l'extrême droite.

Rémunération minimale de LPP à 1 %

LPP 2016

La production de l'Opep a augmenté en octobre, pour atteindre un volume record

 

LONDRES (Reuters) - La production de l'Opep a augmenté en octobre, pour atteindre un volume record, l'excédent venant surtout de Libye, du Nigeria et de l'Irak, des pays qui veulent être exemptés de toute réduction de leur production en raison de conflits, selon le rapport mensuel du cartel publié vendredi.

L'Iran, qui veut aussi être exempté pour retrouver sa production antérieure aux sanctions occidentales, a également extrait plus d'or noir.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a conclu un accord de principe fin septembre à Alger visant à réduire légèrement sa production, premier accord de ce type depuis 2008.

Le Comité technique de haut niveau de l'Opep se réunira à Vienne le 25 novembre, puis le 28 novembre avec des pays non-membres du cartel, a dit lundi le secrétaire général de l'Opep Mohammed Barkindo. L'Opep tiendra sa réunion ministérielle le 30 novembre à nouveau dans la capitale autrichienne.

L'organisation a extrait 33,64 millions de barils par jour (bpj) le mois dernier, selon des chiffres collectés auprès de sources secondaires, soit 240.000 bpj de plus qu'en septembre.

Le volume d'octobre est le plus élevé depuis au moins 2008, selon l'examen de Reuters des précédents rapports de l'Opep.

Surtout il laisse présager un excédent du marché pétrolier encore plus élevé l'an prochain.

La demande de bruts de l'Opep étant attendue à 32,69 millions bpj en moyenne en 2017, le rapport induit un excédent moyen mondial de 950.000 bpj cette année-là, si la production de l'organisation reste stable. Le rapport de septembre donnait un excédent de 800.000 bpj.

L'excédent de 2017 induit par le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) paru jeudi est plus proche de 500.000 bpj.

(Alex Lawler, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

Récession ou pas ?

Croissance PIB US depuis janvier 2015

Croissance du PIB américain depuis janvier 2015, en décélération. 

Question : va-t-on vers une récession aux Etats-Unis en 2017 ? 

                

Les réserves en devises de la Banque nationale suisse (BNS)

Les réserves en devises de la Banque nationale suisse (BNS) se sont une nouvelle fois étoffées en octobre. A l'issue du mois sous revue, elles s'affichaient à 630,34 milliards de francs, soit 2,25 milliards de plus qu'à fin septembre.

Le total des réserves sans l'or atteignait pour sa part 636,09 milliards de francs, contre 633,73 milliards un mois auparavant, ressort-il des chiffres fournis par l'institut d'émission au Fonds monétaire international (FMI) et dévoilés lundi.

En septembre, les réserves en devises de la BNS s'étaient accrues de 1,13 milliard de francs, un rythme de croissance nettement inférieur à celui des mois précédents.

Article de la Tribune de Genève du 7.11.16.

La confiance dans le système bancaire a baissé selon Ernst & Young

  • Près d'un tiers des clients de banque affirment que leur confiance dans le système bancaire a baissé au cours de ces douze derniers mois, selon une étude d'Ernst & Young (EY) publiée lundi. Pour 11% des sondés, la confiance a augmenté, souligne la société d'audit et de conseil. La clientèle suisse des établissements financiers est ainsi plus sceptique que celle de l'étranger. A l'échelle internationale, la confiance a diminué pour une personne sur quatre.
  • La perte de confiance résulte du solde entre "diminué" et "augmenté". En Suisse, il atteint une valeur de 20, soit un résultat dans la moyenne de l'Europe occidentale. Auprès des pays très affectés par la crise comme l'Italie et l'Espagne, il se chiffre à respectivement 47 et 30. (17.10.16)

 

 

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Le monde change. Il mue.

 

LE MONDE CHANGE, IL MUE.

 

Les structures de gouvernance issues des accords à la fin de la Seconde Guerre mondiale sont probablement dépassées dans le contexte actuel. Beaucoup d’analystes sont d’accord avec ce constat. Elles ont servies au développement des échanges commerciaux et à la reconstruction.

Dès lors que l’on développe un monde multipolaire, des changements de structures et de règles plus souples devraient être mises en place à la suite de la création de l’économie digitale et de la transformation des pays en voie de développement.

Dans ces conditions, deux stratégies semblent possibles :

- l’ouverture et l’adaptation
ou
- l’obstruction et l’affrontement.

Depuis quelques années, nous assistons à des stratégies de replis de la part de pays, qui, précédemment, favorisaient l’ouverture. Devons-nous nous en inquiéter ?

Dans le cadre d'une projection d'un nouveau système monétaire mondial, de la lutte contre la pollution, des flux d’immigrés, des règles d’arbitrage juridique mondial et d’autres sujets importants, nous constatons un repli au lieu d’une adaptation des règles aux nouvelles exigences. Si la politique de repli l’emporte, il est à craindre le pire… Quelques pays influents peuvent décider de peser de tout leur poids pour que les tendances continuent sur leurs trajectoires actuelles mais en refusant d’adapter leurs politiques et leurs règles, ils risquent de se retrouver mis à l’écart lorsqu’un grand nombre de pays se regrouperont pour édicter les nouvelles règles mondiales. Au contraire, en acceptant la restructuration d’un monde d’hier et en bout de course, ils participent et émettent des idées, des opinions et les font entendre.

Les tendances de gouvernance mondiale sont longues à se mettre en place. Elles nécessitent d’être adaptées régulièrement et progressivement pour avoir un impact futur. Elles sont les fruits de prises de conscience, de prises de position de groupements et d’ONG, sur l’avenir.

Mais l’avenir, c’est déjà le présent !  Que voulons-nous réellement en ce moment ? L’adaptation ou l’affrontement ?

Jean-Pierre Riepe

Performances totales au 30 septembre 2016

Total Return as of Sept. 30 2016

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